Post-Christmas

mosaique au lion de Pella

Voici venu le temps d’après Noël, un temps de paresse pendant lequel, généralement, je vais ma balader à Paris, ou alors je reste chez moi, cloîtré au chaud derrière les vitres froides frappées par le soleil d’hiver, et d’où, en secret, je peux voir le haut de la Tour Eiffel. Entouré de mes livres, des jouets de mon fils, des opéras de Haendel et de Vivaldi, je plonge tantôt la main dans le pain surprise, tantôt dans le plateau de petits-fours, tantôt dans l’énorme boîte de chocolats que je me suis offert. Read More…

Enfin…

christmas village

C’est Noël… Passez tous de bonnes fêtes de fin d’année, et profitez-en pour faire des excès de bonnes choses…
A très bientôt !

Fabriquer des bulles

foggy morning

Photo © Roger O’Reilly

Les jours se suivent et ne ressemblent à rien de connu. Je m’étonne tous les jours — cette capacité d’étonnement n’est pas la moindre des qualités — de voir à quel point les journées peuvent parfois être laides, idiotes… Alors je me construis des bulles dans lesquelles je tente de me sentir à l’aise pour avancer. Vivre n’est finalement pas si naturel que ça, cela nécessite des efforts, des constructions structurées, des agencements de désirs, et il s’agit tous les jours de ne pas baisser les bras si l’on veut continuer encore un peu. C’est comme un pull dont la laine démange, ça nous fait nous gratter mais sans lui, on risquerait de mourir de froid.
On dirait que l’automne a fini par se décider à venir, il va falloir tenir comme ça jusqu’en mars ou avril, avec le vent qui transperce et glace jusqu’à l’os, il faudrait que ce soit doux comme une étoffe précieuse, chaleureux comme la laine vierge, éclatant de lumière comme le jour de la Sankta Lucia… Il reste la musique (comme cette sonate au clavecin de Joseph Haydn ou comme les tableaux d’une exposition de Moussorgski), les pages des livres toujours plus nombreux qui s’accumulent un peu partout dans l’appartement et que je ne me décide pas à ranger, on ne sait jamais, en cas d’urgence ou de besoin.
Cet automne est laid, je déteste cette fin d’année. Déjà mon esprit flotte jusqu’au printemps et de grâce, pourvu que cette année on ait encore de la neige… Le printemps n’en viendra que plus vite.

A écouter cette semaine, le superbe reportage sur Clara Malraux (1897-1982), une intensité plus qu’humaine rediffusé hier sur les ondes de France Culture (rediffusion de l’émission du 15/11/2007), par Matthieu Garrigou-Lagrange et Françoise Estèbe.

Karl Bartos au Centre des arts (Live cinema)

Karl Bartos

Photo © Fabienne Cresens

Souvenir d’une soirée agitée, grisante, électrisée, au Centre des Arts d’Enghien les Bains, avec la Crew PulSten et Samy face à Bartos et Black, rythmée de bout en bout par les terribles envolées d’un Allemand à Paris sur grand écran ; au menu, Kraftwerk, Bartos dans ses créations originales et même Daft Punk.
Pour en savoir plus, c’est par ici dans mon autre chez-moi, en vidéo, images et musique.
(boum boum boum…)

Lire au petit matin

isfahan

Photo © Behzad Bagheri

L’expérience est plaisante ; se lever à quatre heures pour lire dans le silence du matin, avachi sur le canapé, une petite lumière dans le dos pour y voir un peu. Le ciel est d’une clarté hors du commun, noire comme les chemins qui se perdent dans les bois. Je sens qu’il fait un froid piquant en passant près de la vitre. Les cheveux en bataille, le café fumant dans une tasse près de moi, que de plus en plus j’aime boire brûlant, je me perds dans ces dizaines de pages qui défilent au point que lorsque je quitte ma lecture et que je retourne dans le noir, j’ai les lignes du livre qui me passent devant les yeux comme des trains de lettres dans une campagne vierge. J’ai les yeux sombres, froncés, comme un soir embrasé de lumière dorée. J’entends un avion, un long courrier clignotant au-dessus de moi — peut-être va-t-il à Mumbay ou à Istanbul ? — et je replonge dans les pages de Cordier, aventures solipsistes d’un homme dans la tourmente de la guerre de l’ombre.
Il est 6h30, je vais me doucher, j’ai l’impression d’avoir été drogué avec des mots, une centaine de pages m’a filé sous les doigts comme du sable. Je me sens comme celui qui a passé une journée ensoleillée sur l’esplanade d’Ispahan.
Mais j’étais bien là.

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